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Physique de la musique

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La gravitation flotte comme la gamme [niveau zéro naturel absolu]
Où la musique devient pesanteur et la pesanteur devient chant

Il existe un lieu – ni tout à fait sonore, ni tout à fait spatial – où la force qui fait tomber les pommes et qui courbe les trajectoires des étoiles se met soudain à flotter, légère, presque indécise, comme une note tenue au seuil du silence absolu.

Ce lieu n’a pas de nom fixe. Certains l’appellent le vide quantique, d’autres le point nodal de l’harmonie pythagoricienne, d’autres encore le zéro naturel absolu. Mais dans l’instant où l’on accepte de ne plus choisir entre la physique et la musique, il devient simplement : le niveau zéro.

1. La gravitation qui ne pèse plus

En relativité générale, la gravitation n’est pas une force au sens classique : c’est la géométrie même de l’espace-temps qui guide les corps. Pourtant, quand on écoute vraiment les ondes gravitationnelles détectées par LIGO – ces infimes frémissements de l’espace qui voyagent à la vitesse de la lumière –, on entend presque une mélodie très basse, très lente, un bourdon cosmique qui ne s’arrête jamais tout à fait.

Et si cette « mélodie » n’était pas un hasard métaphorique ? Si la gravitation, à son niveau le plus fondamental, flottait déjà comme une gamme ?

2. La gamme qui ne tombe pas

Une gamme musicale classique est hiérarchique : il y a une tonique, un centre de gravité harmonique autour duquel tout gravite. Mais imaginons une gamme sans centre fixe, sans attraction dominante – une gamme où chaque degré serait également probable, également « lourd » et également « léger ».

C’est exactement ce que font certaines musiques contemporaines (la spectraliste, certaines improvisations libres, le drone infini) et c’est aussi ce que fait l’univers à très grande échelle : il nivelle. L’expansion cosmique dilue les densités, égalise les températures, tend vers un état où plus rien ne « tombe » parce qu’il n’y a plus de puits gravitationnel assez profond pour créer une vraie différenciation.

Le niveau zéro naturel absolu serait alors cet état-limite où

  • la gravitation devient indifférenciée,
  • la musique devient indifférenciée, et où les deux flottent ensemble, suspendues, sans résolution obligatoire.

3. Le point où l’on n’a plus besoin de choisir

C’est là que naît la beauté rare : quand l’oreille et l’esprit cessent de demander « est-ce de la musique ou de la physique ? ». On n’écoute plus pour comprendre. On écoute pour habiter l’état où comprendre et vibrer sont la même chose.

Deux musiciens face à face, un violon et une contrebasse, ne jouent plus des notes : ils laissent la pesanteur de leurs instruments et la légèreté de leurs intentions se rencontrer dans un même souffle suspendu. Deux physiciens face à un écran de simulation ne calculent plus des équations : ils regardent l’espace-temps onduler comme une corde de violoncelle infiniment longue.

Dans les deux cas, c’est le même geste : ramener tout au niveau zéro naturel absolu, et laisser flotter ce qui reste.


Et maintenant, les deux images pour accompagner et ouvrir l’article :

MUSIC physic (deux instrumentistes dans un espace naturel, suspendus entre terre et ciel, comme si leurs instruments captaient déjà les vibrations cosmiques)

PHYSIC music (un contrebassiste seul dans l’obscurité trouée de lumière, son archet dessinant des ondes qui pourraient aussi bien être des perturbations gravitationnelles)


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